Lettre ouverte du G9 au premier ministre

, par Nicolai

LETTRE OUVERTE AU PREMIER MINISTRE, M. GABRIEL ATTAL

Monsieur le Premier Ministre,

Par courrier en date du 25 avril 2024, votre Directeur de cabinet nous a informés que vous aviez été très attentif à notre requête à laquelle vous ne pourriez pas réserver dans l’immédiat une suite favorable.

En revanche, votre directeur de Cabinet a transmis à Madame la ministre de la Santé, du Travail et des Solidarités notre correspondance afin qu’elle examine notre demande.

Bien évidemment, nous avons sollicité Madame Vautrin afin qu’elle nous accorde une audience.

Il n‘en reste pas moins, Monsieur le Premier Ministre, qu’un certain nombre de questions, et non des moindres, relèvent directement de votre responsabilité en tant que chef du gouvernement.

Nous pensons en particulier à la question du pouvoir d’achat des retraité·e·s.

Faut-il vous rappeler que depuis 2017, la perte du pouvoir d’achat des retraité·e·s s’élève à plus de 9 % et que le cumul des pertes de chacun de ces 84 mois s’élève à près de 3 mois de pension.

Et si, pour 2024, les pensions ont été revalorisées de 5,4 %, ce n’est que la stricte application de la loi, en l’occurrence de l’article L 161-25 du Code de la sécurité Sociale, pour compense l’inflation passée.

Aujourd’hui, on nous dit que l’inflation recule… Peut-être mais les prix à la consommation eux ne diminuent pas et restent à un niveau très élevé.

Aujourd’hui les consommateurs paient leurs produits en grande surface beaucoup plus cher qu’avant. Comparés aux tarifs d’il y a 2 ans : les prix ont progressé de 25 % entre novembre 2021 et novembre 2023.

Et, ce ne sont pas les annonces de votre ministre de l’Économie et des Finances d’amputer le budget 2024 de 20 milliards d’euros pour répondre aux exigences de Bruxelles de ramener notre déficit public sous la barre des 3 % du PIB, qui vont nous rassurer, bien au contraire.

Nous avons parfaitement compris que les économies, pour l’essentiel, vont se faire sur le dos de la population et que les retraité·e·s n’en seront pas exclus.

Nous vous rappelons que les retraité·e·s ne sont pas un coût mais une richesse avec toutes leurs heures de bénévolat effectuées.

Nous en voulons pour preuve, par exemple, la décision prise par votre gouvernement de doubler le montant des franchises médicales…

De la même façon, l’assèchement des ressources de la Sécurité sociale par le biais notamment des exonérations de cotisations sociales qui s’élèvent à plus de 70 milliards par an, aboutit à un transfert des compétences de la Sécurité sociale aux complémentaires santé qui se traduit par une augmentation des tarifs de ces dernières dans des proportions vertigineuses, surtout pour les retraité·e·s qui paient en fonction de leur âge et qui ne sont pas aidés par leur entreprise. Après avoir grimpé en moyenne de 4,7 % en 2023, il faut prévoir entre 9 et 11 % d’augmentation pour les mutuelles souscrites individuellement, selon Addactis, un cabinet spécialisé.

Nous pourrions développer bien d’autres aspects, ne serait-ce que la question de la perte d’autonomie qui ne trouvera pas de solution sans une véritable loi de programmation financière pluriannuelle.

Alors que le nombre de personnes de 75 ans et plus va augmenter de 36 % entre 2020 et 2030, les financements prévus dans le PLFSS 2024, tant en EHPAD que pour l’aide à domicile, ne suffiront même pas à répondre à la nécessaire montée en charge des mesures adoptées dans le PLPSS 2023.

  • Ainsi, la création de 50 000 emplois à l’horizon 2030 (et non 2027 comme prévu par le PLFSS 2023) pour porter le taux d’encadrement à 72 emplois de professionnels pour 100 résidents est notoirement insuffisante surtout au regard de notre revendication de 1 emploi par résident.
  • Par ailleurs, les 25 000 places de service de soins infirmiers à domicile, bien en deçà des besoins, sont également reportées à l’échéance 2030.

Monsieur le Premier ministre,

La situation est grave.

De plus en plus de retraité·e·s ont du mal à joindre les 2 bouts.

De plus en plus de retraitéé·e·s frappent à la porte des organisations caritatives pour pouvoir se nourrir.

De plus en plus de retraité.es renoncent à se soigner, faute de pouvoir payer leur complémentaire santé…

Plus d’1 million de retraité·e·s vivent sous le seuil de pauvreté.

Des chiffres jugés « catastrophiques » par Manuel Domergue, directeur d’études à la Fondation Abbé Pierre : « Nous n’avions [pas] recensé autant de ménages sous le seuil de pauvreté depuis des décennies ».

Face à cette situation, il y a urgence.

Aussi, renouvelons-nous notre souhait de vous rencontrer pour vous faire part de la situation et vous exposer nos demandes.

Persuadé·e·s que vous ne manquerez pas de répondre favorablement à notre demande, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en notre attachement indéfectible aux intérêts des retraité·e·s que nous représentons.

  • Cathy Cau (UCR-CGT, 263 rue de Paris, 93515 Montreuil cedex)
  • Paul Barbier (UCR-FO, 141 avenue du Maine, 75680 Paris cedex 14)
  • Laurence Naudin (UNAR-CFTC, 45 rue de la Procession, 75015 Paris)
  • Yvon Le Goffic (UNIR CFE-CGC, 42 avenue de la Porte de Clichy, 75017 Paris)
  • Marylène Cahouet (FSU, 22 rue de la Malmaison 93 170 Bagnolet)
  • Gérard Gourguechon (UNIRS-Solidaires, 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris)
  • Jacques Brillet (FGR-FP, 20 rue Vignon, 75009 Paris)
  • Roger Perret (Ensemble & Solidaires - UNRPA, 47 bis rue Kléber, 93400 St Ouen)
  • Bernard Serra (LSR, 263 rue de Paris, 93515 Montreuil)

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